3 questions à S.A.S. le Prince Albert II de Monaco

S.A.S. Le Prince Albert II de Monaco - Monaco Ocean Week

En quoi la Principauté est-elle un acteur reconnu et légitime pour les actions en faveur de la préservation des océans ?

Monaco est en effet très engagé sur la scène internationale, pour les questions liées à l’environnement marin. Ce sont sans doute la force et la constance de cet intérêt qui font que la parole de Monaco est entendue.

La préservation des écosystèmes marins est inscrite dans l’histoire de la Principauté, depuis la création  de l’Institut Océanographique, par mon trisaïeul le Prince Albert 1er de Monaco en 1911, puis, la naissance de l’Organisation Hydrographique Internationale à Monaco en 1921, ou encore, en 1976, la signature de l’Accord Ramoge qui est l’instrument dont se sont dotés la France, Monaco et l’Italie pour former une zone pilote de prévention et de lutte contre la pollution du milieu marin. La Principauté a également été l’un des premiers Etats signataires de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, en 1982.

Ces engagements précurseurs, nous les poursuivons aujourd’hui dans le cadre de ma Fondation créée en 2006, avec de nombreuses actions et prises de position telles que l’appel de 2008 sur l’arrêt de la consommation de thon rouge, la déclaration de Monaco de 2009 sur l’acidification des océans, portée par 150 scientifiques de 26 pays, et la création de l’Association Monégasque sur l’Acidification des Océans (AMAO), le lancement de la Monaco Blue Initiative (MBI) en 2010, plate-forme d’échanges réunissant ses membres tous les ans pour aborder les défis mondiaux présents et à venir de la gestion et de la conservation des océans, ou, plus récemment, nos interventions lors des COP21 et COP22 pour que le lien entre océans et climat devienne une préoccupation centrale.

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Dans quelle perspective se situe la Monaco Ocean Week ?

A la COP 22, à Marrakech, je suis intervenu, lors de la Journée des Océans, pour évoquer trois pistes de réflexion qui doivent être au cœur de nos préoccupations, afin de préserver les océans et atténuer les effets du changement climatique.

La première était le besoin de cohérence de notre appréhension des océans. Par leur taille et leur complexité, ces derniers ne se prêtent pas toujours à une approche globale et nous avons tendance à les traiter de manière sectorielle. Or, il faut aussi avoir une vision globale pour les océans, tout comme pour le climat ou l’atmosphère.

La deuxième était la nécessité́ de mieux partager les données, de travailler de manière plus concertée en favorisant notamment les transferts d’information et de technologie, ou une meilleure coopération dans la mise en œuvre des programmes conduits en différents points du globe, ainsi que la mise en réseau des Aires Marines Protégées.

Enfin, la troisième piste était celle de l’utilisation des ressources marines dans le développement de nos économies et leur décarbonisation, qui est la grande nécessité de ce siècle. Ce sont ces ressources, telles que les énergies marines renouvelables ou d’autres solutions porteuses de potentialités considérables pour l’alimentation, la santé ou l’industrie qui, gérées durablement, nous permettront de construire un nouveau modèle économique.

De ces réflexions est née la Monaco Ocean Week, qui réunira des acteurs clefs du monde de la mer, monégasques et internationaux qui se mobilisent pour préserver la durabilité des Océans et s’inscrit dans la suite logique des partages d’expériences des experts du monde scientifique et socio-économique de la Monaco Blue Initiative, laquelle se tiendra cette année à Monaco, où plus de 80 experts de différents secteurs viendront partager leur analyse et leur vision des grandes problématiques de la conservation du milieu marin.

 

La Méditerranée peut-elle être un modèle pour les océans ?

La Méditerranée est une mer presque entièrement fermée. Cette configuration particulière qui rassemble sur un territoire restreint l’ensemble des problématiques océaniques nous permet de constater directement les effets de l’activité humaine sur l’écosystème marin, mais également les bénéfices obtenus par les actions destinées à le préserver.

La Méditerranée, où 60% des eaux urbaines sont encore rejetées en mer sans traitement préalable, où la pollution des déchets plastiques est de plus en plus visible, où la biodiversité est toujours menacée, devrait être un laboratoire d’initiatives pour l’ensemble des écosystèmes marins.

Nous œuvrons dans ce sens et les nombreuses initiatives que Monaco soutient en Méditerranée telles que le développement des Aires Marines Protégées, la protection des mammifères marins avec le sanctuaire Pelagos, ou encore l’initiative « Beyond Plastic Med », destinée à soutenir des solutions innovantes, en partenariat avec le secteur privé, les ONG et la communauté́ scientifique, en sont la preuve et seront présentées dans le cadre de la Monaco Ocean Week.

Ce sont ces rencontres entre acteurs locaux et internationaux, lors de cette semaine, qui permettront de développer, ailleurs, les approches les plus efficaces et d’améliorer nos propres actions pour préserver nos océans.